écoute ! viens !

écoute ! viens !
Pierre Landete (voir biographie).

Le poète parle au poème. « écoute ! viens ! »… et, s’il puise dans ce qui a été, sans cesse il doit réinventer, tourner le regard. Sur ce qui lui reste à faire, le poète ne sait rien. Jamais. Alors, le poème, qui est en lui, vient. Voilà tout. Avec toutes les libertés. Écrire, est là ; c’est la vie.

écoute !
la mer s’est tue
comme le vent
mais au fond de mon âme
ne se tait pas la peine
je brûle à me figer
comme un coeur
lourd et arraché
écoute !
la mer s’est tue
de ton silence
viens !

profonde caresse
du froid qui entre
dans mes os
corps poreux pulpe fluide
vertige au bord
des vides sans fin
creusés dans l’air
ossements
tunnels gras sans issue
heurtés sur les jonctions

écoute !
le vent reprend
tremble la mer
et vibre l’onde
viens ! corps fluide
au bord du gouffre
étreignons-nous
et dans l’air
jetons les ancres
de nos vides
écoute ! viens !

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