{"id":278,"date":"2016-03-05T15:15:56","date_gmt":"2016-03-05T14:15:56","guid":{"rendered":"http:\/\/revue-phaeton.fr\/?p=278"},"modified":"2020-10-20T15:26:03","modified_gmt":"2020-10-20T13:26:03","slug":"contes-du-chat-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/","title":{"rendered":"Contes du chat noir"},"content":{"rendered":"<p><strong>Extrait des Contes du chat noir<\/strong><br \/>\n<em>O\u00f9 il est glorieusement d\u00e9montr\u00e9 que bourgeois doibvent toujours lairrer leurs dames et leurs champs \u00e0 la guarde d\u2019un bon jardinier toutes fois qu\u2019 ils vont en voyage <\/em><br \/>\n<em>Les belles histoires de nos p\u00e8res <\/em><br \/>\n<strong>Rodolphe Salis<\/strong><\/p>\n<p>Rodolphe, Constant, Maximin, Salis (1851 &#8211; 1897) est le cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien <em>Le Chat noir<\/em>, ouvert en 1881, consacr\u00e9 aux Muses et \u00e0 la Joie. Ce lieu attira le tout Paris, le roi Edouard VII d\u2019Angleterre et surtout les Hydropathes du po\u00e8te \u00c9mile Goudeau (1814 &#8211; 1858). Le cercle litt\u00e9raire des Hydropathes comptait de c\u00e9l\u00e8bres plumes dont Alphonse Allais, Charles Cros, Jules Laforgues, Jean Richepin\u2026 Il est l\u2019auteur des <em>Contes du Chat noir<\/em> (illustr\u00e9es par Joseph H\u00e9mard en 1929) o\u00f9 il \u00e9crit dans un \u00abfaux vieux fran\u00e7ais\u00bb et dans un style \u00abgaulois\u00bb truculent.<\/p>\n<p>En l\u2019ann\u00e9e mil quatre cent soixante et trois, \u2014 voil\u00e0 j\u00e0 pas mal de temps que se est envol\u00e9e, \u2014 le roy Loys le Unziesme, lequel fust, contrairement ce qu\u2019ont dit d\u2019aulcuns faiseurs de billevez\u00e9es un grand et digne roy, dur aux grands autant que doulx aux humbles et cr\u00e9a pour tousjours, \u2014 Dieu m\u2019escoute ! \u2013 le joly royaulme de France , en l\u2019ann\u00e9e 1463, dis-je, le roy Loys nomma gouverneur de Poictiers monseigneur Hugues de la Rochetulon, seigneur de Baudiment, lequel, encore qu\u2019il fust marquis, estoit trois foys comte, et baron quatre foys.<br \/>\nCette nouvelle fust joyeulsement accueillie par tous ceulx d\u2019alentour, car le sire de la Rochetulon estoit cogneu comme un brave capitaine, serviable aux foibles, aymant mieulx, ce qui est vertu esp\u00e9cialle aux Poic ! tevins, voir tomber la femme du voisin en son lict que gresle emmy le champ du pr\u00e9vost.<br \/>\nEn ceste circonstance, les bons habitants de Poictiers demand\u00e8rent \u00e0 monsieur l\u2019\u00e9vesque, dont je ai perdu le nom, la permission d\u2019\u00e9tablir en la place Saint-Pierre, qui est empr\u00e8s la cath\u00e9drale, une grande foyre, afin de r\u00e9jouir un petit le pa\u00efs et faire tumber quelques iolis angelots dedans les bourses, qui onc ne en avoient encore veu.<br \/>\nAussitost le bon \u00e9vesque treuva la chose de son goust, veu que il estoit parent du gouverneur dessus dict, et m\u00eame il ordonna qu\u2019on laissast venir tous les bateleurs, jongleurs, aegyptians, bo\u00ebsmes et com\u00e9diens qui vouldroient, dysant qu\u2019il ne craignoit poinct les sorciers et que dangier ne estoit poinct que le dyable d\u00e9vallast par le pa\u00efs, veu qu\u2019il y avoit trop de prebstres et moynes dans la ville pour que messer Satanas os\u00e2t seulement monstrer le bout de son vieulx nez de corneille.<br \/>\nCe que ayant apprins, tous les habitants de la ville se ject\u00e8rent au travail, bastissant maisons de planches et de toile, pr\u00e9parant vifvement la feste, si bien que le bruict de ceste grande joye s\u2019espandit tost par la campagne, comme si tambours et oliphants l\u2019avoient est\u00e9 proclamer.<br \/>\nOr, en cestuy temps-l\u00e0 dont je vous parle, vivoient en nostre bonne ville de Chastellerault, prouche l\u2019ecclise de Sainct-Jacques, o\u00f9 fust baptis\u00e9e la prime chamberri\u00e8re que je menai paistre en chemin amoureux, deux bons bourgeois nomm\u00e9s Jacques Lirault et Andr\u00e9 Dansac.<br \/>\nLe premier estoit marchant drappier \u00e0 l\u2019enseigne de la \u00ab Sepmaine des trois Jeudis \u00bb, et l\u2019autre maistre bourrelier, si poinct ne suis devenu fol depuis ce matin.<br \/>\nTous deux estoient mari\u00e9s \u00e0 deux cousines germaines, lesquelles estoient filles de bons pa\u00efsans du bourg d\u2019Ingrandes.<br \/>\nNe s\u00e7ais pourquoy les filles de cestuy pa\u00efs-l\u00e0 sont plus qu\u2019auculnes autres filles d\u2019aulcun autre pa\u00efs accortes, bauldes et pourveues de toutes les richesses charnelles qui donnent joye au touchier et \u00e0 la veue, \u2014 mais nostre seigneur Dieu qui ainsy le d\u00e9cida avoit donn\u00e9 \u00e0 ces deux petites caillettes-cy des yeux hespaignols capables de bouter le feu \u00e0 toutes les moissons d\u2019un village et des tr\u00e9sors testonniers sur lesquels carreaux d\u2019arbalestes se fussent bris\u00e9s ainsy que dessus marbre ou pierre.<br \/>\nCe estoient deux v\u00e9ritables gelinettes de cardinal, et voulontiers disoit-on d\u2019elles dans la ville que mieulx il fauldroit les accoler cent foys et une petite que de embrasser une foys le cul d\u2019un chien, et je veulx bien avoir sur l\u2019heure les trippes debezill\u00e9es depuis le coeur jusqu\u2019\u00e0 l\u2019autre bout si ce ne estoit point la plus pure v\u00e9rit\u00e9 qui onc ait est\u00e9 dicte dessoubs le ciel !<br \/>\nMais ces proupos joyeulx ne faschoient mie les deux bourgeoys, lesquels s\u2019en rigolloient moult au lieu d\u2019en plourer, pource qu\u2019ils estoient l\u2019un autant que l\u2019aultre bons braguards et s\u00e7avoient contenter leurs femmes aussy bien que s\u2019ils avoient \u00e9t\u00e9 mahum\u00e9tans, ce qui ne est poinct peu de chose !<br \/>\nAussitost qu\u2019ils eurent apprins la nouvelle de la foyre, \u2014 comme ils cuydoient guaigner l\u00e0 beaucoup d\u2019argent et aultres monnoyes, \u2014 ils r\u00e9solurent de s\u2019y rendre diligentement ; mais combien que leurs femmes les en eussent pri\u00e9s et suppli\u00e9s, refus\u00e8rent-ils de les emmener \u00e0 Poictiers, dysant que elles seroient l\u00e0 mal \u00e0 leur ayse parmy tant de munde de toutes sortes et que bien mieulx valoit-il qu\u2019elles guardassent tranquillement le logis, veu que elles ne perdroient rien pour attendre.<br \/>\nAdoncques, ayant faict enchevestrer, harnacher et chargier leurs mulets, prinrent-ils congi\u00e9 de leurs dames, ne laissant pour les guarder, que la meschine de madame Dansac et un grand belistre de jardinier au service de Lirault, lequel, encore qu\u2019il fust aussi beste qu\u2019une vieille dinde de nonante cinq ans, ne en estoit pas moins fort comme quatre et pouvoit ays\u00e9ment d\u00e9corner un boeuf, comme feroit un enfan\u00e7onnet d\u2019une mousche ou d\u2019un hanneton.<br \/>\n\u2014 Vere ! s\u2019escria madame Lirault, lorsque son mary l\u2019eust accol\u00e9e, bien verrez qu\u2019il vous adviendra malheur d\u2019aynsi nous lairrer seules icy, et sur ma fy il faudroit que Nostre Seigneur Dieu nous abandonnast pour qu\u2019il en fust aultrement.<br \/>\nMais nos deux marchands les ayant accod\u00e9es une darni\u00e8re foys maulgr\u00e9 leurs rebuffades et col\u00e8res, mirent le pied \u00e0 l\u2019\u00e9trier et prirent le trot sur la grand\u2019route de Poictiers chantant gaiement la veille chanson des arbalestriers tourangeaux :<br \/>\nBelles, ni criez donc pas tant,<br \/>\nMarijaine ! Marijaine !<br \/>\nVous rirez bien si revenant<br \/>\nAvec nos bourses pleines<br \/>\nNous vous baillons aveine<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es,<br \/>\nMarijaine !<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es !<br \/>\nLe jour et la nuict sans repos,<br \/>\nMarijaine ! Marijaine !<br \/>\nNous vous ferons humer le piot<br \/>\nPendant plus de sis s\u2019maines,<br \/>\n\u2014 Tant ! \u2013 qu\u2019en deviendrez pleines !<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es,<br \/>\nPha\u00e9ton &#8211; 2015 274 Marijaine !<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es !<br \/>\nPoint ne despendrons notre argent,<br \/>\nMarijaine ! Marijaine !<br \/>\nAinsy que font maulvoises gens,<br \/>\nDans le lict d\u2019Madeleine :<br \/>\nTout gard\u2019rons pour nos reines,<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es,<br \/>\nMarijaine !<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es !<br \/>\nQuand nous rentrerons dans vos lits,<br \/>\nMarijaine ! Marijaine !<br \/>\nVous rirez, vos fesses aussy !<br \/>\n\u2014 Plaisirs d\u2019amour chassent la peine ! \u2013<br \/>\nEt nous s\u00e8m\u2019rons la bonne graine<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es,<br \/>\nMarijaine !<br \/>\n\u00c0 pleines ventr\u00e9es !<\/p>\n<p>Et lorsque le soir fust veneu :<br \/>\n\u2014 Par ma patronne saincte Radegonde ! dist la femme de Lirault \u00e0 la Dansac, si nostre nouveau vicaire messire Boitoux-Binotte nous venoit voir cette vespr\u00e9e, moins d\u00e9plaisante lui serois-je que les aultres foys, et mieulx escouterois-je ses discours. Allons, ma chi\u00e8re, puisqu\u2019ils sont despartis, ryons ; rien ne est icy-bas que de se divertir.<br \/>\nAdoncques desp\u00each\u00e8rent-elles sur l\u2019instant le jardinier qui s\u2019appelait Luc, et Colette la meschine, l\u2019un pour aller desnicher les meilleurs flaccons darri\u00e8re les vieulx fagots de la cave, l\u2019autre pour pr\u00e9parer quelques bons plats idoynes \u00e0 pourchasser la m\u00e9lencholie, puis es estant jolliment calamistr\u00e9es et gorgiasement habill\u00e9es, firent qu\u00e9rir le dessusdict vicaire, dysant que elles avoient grand besoing de lui parler.<br \/>\nMais il faut croire sans doubte que le mal gr\u00e9 estoit tomb\u00e9 sur elles ce jour-l\u00e0, car aussitost il leur fust respondu que messire Boitoux-Binotte se estoit aussy desparti pour Poictiers le matin mesme et qu\u2019il ne retourneroit que le dimanche d\u2019apr\u00e8s, &#8211; dont elles furent grandement marries \u2013 dame Lirault seurtout, car ceste-l\u00e0 paroissoit gouster fort les fassons du prebstre depuis que s\u2019estoit esloign\u00e9 son espoux.<br \/>\n\u2014 Bah ! dist la Dansac ; il feroit beau nous voir plourer pour si peu ! Si messire Boitoux n\u2019y est poinct, ce n\u2019est pas moy qui en mourrai. Vive la joye ! je cuyde que le jour prouchain ne viendra mie sans que nous ayons bellement rigoll\u00e9 ! Quand bien serons substant\u00e9es et quand les piots seront vuydes, nous verrons bien. Songeons \u00e0 esjouir nostre ventre et Dieu pourvoira aux plaisirs de nostre coeur.<br \/>\nAyant ainsy parl\u00e9, vistement elle s\u2019assit dessus son escabelle, non sans avoir fait placer \u00e0 sa dextre la meschine et le jardinier, lesquels estoient moult estonn\u00e9s d\u2019un pareil honneur.<br \/>\nAu commencement, soupirs soulevoient bien les guimples des deux paouvres bourgeoyses meshaign\u00e9es, mais le vin de Sainct-Georges est le meilleur rem\u00e8de qui soyt pour guarir le mauldict mal de tristesse, et aussitost qu\u2019il eust coul\u00e9, les esprits s\u2019aguys\u00e8rent et nos deux comm\u00e8res se prinrent \u00e0 bavarder ni plus ni moins qu\u2019agaches, qui sont les oisillons les plus beaux parleurs du munde, au dire de Pline le vieil.<br \/>\nEt bellement commenc\u00e8rent \u00e0 broccarder le grand Luc, lequel, maulgr\u00e9 ses vingt ans sonn\u00e9s, estoit aussy puceau qu\u2019une marmouzelle de six mois, et sans cesse amoustilloient la meschine, la poulsant contre lui et dysant :<br \/>\n\u2014 Da ! petiote, accolez donc votre voysin ! Veez bien qu\u2019il est triste.<br \/>\n\u2014 L\u00e0 ! un petiot baiser icy et un aultre l\u00e0 ! encore un aultre de l\u2019aultre cost\u00e9 ; rien ne est meilleur avec-ques le vin de Sainct-Georges !<br \/>\n\u2014 Allons donc, petiote ! Onc a-t-on vu plus desplaisante damoiselle ! Ah ! ah ! ah ! Boutez-lui vos testons dessoubs le nez ! ici plus hault ! Vecy qui va le resveigler\u2026<br \/>\nEt tout en tenant ces proupos sal\u00e9s et cent aultres qu\u2019ai oubly\u00e9s ardoient- elles fort en leur tr\u00e9fonds, eschauff\u00e9s par la veue de ce beau gars, dont le visaige estoit rouge devenu \u00e0 ce jeu ainsy que cerise meure et qui plus ne s\u00e7avoit que dire.<br \/>\nCar rien ne est idoyne \u00e0 faire tresbucher l\u2019esprit des dames comme le voisinaige d\u2019un beau pucellaige, seurtout lorsqu\u2019il est emprisonn\u00e9 en un solide corps de m\u00e2le et ne demande qu\u2019\u00e0 estre deslog\u00e9 de l\u2019endroict o\u00f9 il a est\u00e9 muss\u00e9 par nostre bonne dame Nature.<br \/>\nEt peu \u00e0 peu chacqun beuvant son saoul et crocquant les casse-museaulx, nos deux dames, ainsy que si elles avoient est\u00e9 en leurs chambres, desbrid\u00e8rent leurs corselets et ouvrirent leurs chemisettes, sans auculnement se contregarder, lairrant pourbondir au del\u00e0 de leurs robbes leurs iolys testons blancs fleuris de roses, ryant ainsi que ribauldes et lairrant flotter leurs longs cheveulx \u00e0 l\u2019adventure.<br \/>\nAussy se estoient-elles myses \u00e0 l\u2019ayse du cost\u00e9 des jambes, ceste-cy d\u2019un cost\u00e9, ceste-l\u00e0 de l\u2019aultre, d\u00e9couvrant leurs jarretiers, s\u2019esbattant et s\u2019embrassant comme des folles, s\u2019appelant \u00abmon coeur\u00bb, \u00abmon ioly petit angelo\u00bb, \u00abmon amour\u00bb, \u00abma petiote royne\u00bb.<br \/>\nEt seurement mes amys, et vous mes gentes dames, si aviez est\u00e9 muss\u00e9s darri\u00e8re l\u2019huis, auriez-vous pu dire si elles avoient cuyssettes noires ou blanches, et bien d\u2019aultres chouses encore au subject de leurs tr\u00e9sors gipponiers.<br \/>\nMais par malheur n\u2019y estiez poinct, non plus que moy, et pour tousjours debvrons-nous demourer en doubtance et perplexit\u00e9 en ce qui reguarde ce que devinez.<br \/>\nEt fort vous mesprendriez, mes dolces agnelles, si cuydiez que la chamberri\u00e8re ne prenoit point goust \u00e0 ces amusettes ; car point ne avoit-elle gu\u00e8re plus d\u2019une vingtaine de primeveres dessus le coeur et estoit-elle de ces iolies cailles co\u00ebph\u00e9es qui poinct ne plourent sur le rosti, et s\u00e7avent bien qu\u2019une aiguillette est souventes foys bonne \u00e0 desnouer.<br \/>\nAussy v\u00e9ant que les ma\u00eetresses estoient en joye, n\u2019espagnoit-elle point les baguenaudes au paouvre Luc, ayant bonne esp\u00e9rance de voir finer la com\u00e9die sous les courtines d\u2019un bon lict, voire m\u00eame emmy le feurre de la grange, ou ailleurs. Mais plus elle le mignottoit, plus le jardinier sembloit mal en poinct.<br \/>\n\u2014 Seigneur Christ ! se print-il \u00e0 cryer soubdain. Par mon benoist patron, madame, prenez piti\u00e9 de moy. Je sens que mon sang grisle en moy ainsi que si je estois en enfer ; je grisle, je brusle ; poinct ne s\u00e7ais ce que je ay ; par ma fy, tout le feu du dyable est en mon corps ! ayez mercy de moy ! \u2026<br \/>\nEt ce dysant, se dressant ainsi qu\u2019un coq, il levoit les poings au cieux et souffloit comme un taureau, serrant les dents, les yeux pleins de flammes, ainsy que s\u2019il avoit voulu briser ces trois bonnes raillardes qui se estoient jou\u00e9es de sa virilit\u00e9.<br \/>\n\u2014 Par nostre Dame ! reprint-il, empeschez ceste dayn\u00e9e fumelle d\u2019ainsy m\u2019escharbotter, ou, su ma fy, je vais l\u2019estrangler.<br \/>\nLors v\u00e9ant que ballivernes et babouyneries mena\u00e7oient de finer daussy terrible fasson, dist \u00e0 son tour la dame du bourrelier :<br \/>\n\u2014 Allons ! allons ! mes agnelets, vecy qu\u2019il se faict tard ! la unziesme heure est sonn\u00e9e : bien avons assez ri et desbit\u00e9 de besteries pour cette vespr\u00e9e ; d\u00e0 ! que chacqun s\u2019aille donc coucher de son cost\u00e9 ! Que diroient nos marys, s\u2019ils s\u00e7avoient que nous sommes aussy folles ?<br \/>\n\u2014 Bon ! dist l\u2019aultre, s\u2019ils avoient cuyd\u00e9 qu\u2019ainsy soupperions sans eulx, sans doubte ne auroient-ils pas mis tant de diligence \u00e0 se despartir vers Poictiers : mais puisqu\u2019ils se sont ensauv\u00e9s, bon voyage ! et que Dieu les garde !<br \/>\nL\u00e0-dessus, chacqune ayant rajust\u00e9 sa co\u00ebffe, ses cottes et son corselet, elles mont\u00e8rent en leur chambre accompagn\u00e9es de Colette, qui couchoit en un r\u00e9duict voisin et qui souspiroit sans s\u00e7avoir pourquoy, la bouche rouge de d\u00e9zirs et l\u2019oeil flambant.<br \/>\nLors ayant souhaict\u00e9 la bonne nuict \u00e0 la paouvre chamberri\u00e8re, se desv\u00eatirent nos deux dames et se mus\u00e8rent vitement dessoubs la toile des linceulx. Mais comme le sommeil tardoit \u00e0 les venir visiter, dolcement se caressoient, se faysant mille confidences au subject de leurs marys : et tout en causant , mignottement s\u2019accoloient ainsy que amoureux, toutes prestes \u00e0 se bailler au dyable s\u2019il lui prenoit phantaizie de les venir treuver.<br \/>\nOr, entandiz que elles devisoient ainsi, sur le joyeulx chapitre \u00ab de braguibus \u00bb, vecy que soubdain elles entendirent un petit bruict qui venoit d\u2019\u00e0 cost\u00e9, comme si ce eust \u00e9t\u00e9 souricelle qui broutoit une vieille crouste de pain.<br \/>\nEt vitement recogneurent-elles que il n\u2019y avoit ni souris ni souricelle, mais qu\u2019il estoit bien plust\u00f4t question du chat, car ce estoit nostre rus\u00e9e meschine qui dolcement se levoit, ouvroit l\u2019huis et guaignoit l\u2019escallier \u00e0 pas de loup.<br \/>\nAussy tost elles se prinrent \u00e0 rire comme dindonneaulx qui ont treuv\u00e9 une poire, se dressant \u00e0 demy dessus le lict, et pour ne point donner l\u2019\u00e9veil mordant les linceulx si plaisantement, que on eust plust\u00f4t cuyd\u00e9 voir deux d\u00e9mentes que deux bonnes bourgeoyses d\u2019empr\u00e8s Saint-Jacques.<br \/>\nEt bien avoient-elles raison d\u2019ainsy s\u2019esclaffer, car \u2013 elles pensoient en leurs bonnes petites \u00e2mes paillardes, et je cuyde de m\u00eame, et vous pareillement sans doubte aulcun \u2013 que si Colettes se estoit despartie de sa couche, ce ne estoit poinct apparemment pour aller voir si poules avoient pondu, non plus que pour aller laver les vaisselles, ni interroger les estoilles qui si joliment ardent emmy le mantel bleu des cieulx, mais bien plustost pour s\u00e7avoir si le paouvre jardinier estoit \u00e0 ceste heure mieulx en poinct, et pour le voir de plus pr\u00e8s, et peut-\u00eatre bien aussy pour une aultre petiote chousette que bien flairez, mauldictes petites frippones que vous estes toutes.<br \/>\nD\u2019auculnes maulvoises gens jecteront peut-\u00eatre la pierre \u00e0 nos paouvrettes bourgeoyses d\u2019avoir eu en cest instant l\u2019esperit occup\u00e9 \u00e0 d\u2019aussy folastres pens\u00e9es plustost que de implourer la cl\u00e9mence de nostre Seigneur Dieu , mais pensez, mes bonnes dames, combien elles estoient de leurs espoux mal contentes, et combien le Dyable, qui fait avec le soleil de Dieu meurir les bonnes vignes de France, leur avoit bout\u00e9 le feu au coeur par le secours du joyeulx vin de Sainct-Georges !<br \/>\nSans aucun doubte auriez faict de m\u00eame et plus peut-\u00eatre ; lairrez donc babouyner les vieilles bigottes, breschedents et matagotes, et soyez mis\u00e9richordieuses aux fautes de vos soeurs, car ainsi que dict le vieil prouverbe poictevin :<br \/>\n\u00abCeste-l\u00e0 qui huy se mocque de sa voysine, ne s\u00e7ait poinct avec qui elle couchera la nuict prouchaine !\u00bb<br \/>\nAdoncques jolliment amoustill\u00e9es et le coeur esmerillon\u00e9 par un diabolicque d\u00e9zir de courir l\u2019aiguillette, se lev\u00e8rent l\u00e9gi\u00e8rement, afin de cognoistre comment pourroit bien finer ceste joyeulse histoyre, et les pieds deschaux ainsy que dames carm\u00e9lites en p\u00e9nitence, seulement vestues de leurs chemises qui de ci de l\u00e0 tomboient, comme si elles avoient \u00e9t\u00e9 lasses de cacher si mignons corps, arriv\u00earent sans tambours ni trompettes vers l\u2019endroict o\u00f9 le jardinier souloit soy reposer des fatigues du jour.<br \/>\nLes vecy donc l\u2019oeil au perthuis de la porte, et aussy tost de se rigoller de nouveau, se tordant comme couleffres, et mettant leur chemise en leur bouche pour \u00e9touffer leurs petits cris, sans se doubter qu\u2019ainsy elles lairroient voir au clair de lune leurs jolys ventres blanchets, lesquels luysoient comme ivoire, et leurs cuysses qu\u2019ont eust prinses pour jambes de statues gr\u00e9geoises.<br \/>\nAh ! par ma fy, si elles ne se d\u00e9bezill\u00e8rent poinct la rate, c\u2019est que solides estoient leurs devanteaux naturels, car ce qu\u2019elles v\u00e9oient estoit la chose la plus esbaudissante du munde : nostre gas qui jouxtoit gaillardement avec la meschine, comme si onc il ne eust fait toute sa vie que labourer champs d\u2019amours, au lieu de jardin ou poulsent les choux.<br \/>\nAh ! le bon batailleur que ce estoit ; et si aviez ou\u00ef les petits cris de la chamberri\u00e8re, et les souspirs, et tant d\u2019aultres bruicts, je cuyde bien que vous en seriez trespass\u00e9es, mes petites cailles co\u00ebph\u00e9es, rien qu\u2019en riant, tant auriez ri de bon coeur et de bonne haleine !<br \/>\nOr, vecy que tout \u00e0 coup, sans songer qu\u2019on pouvoit entendre ses parolles, dame Lirault se print \u00e0 dire, en souspirant \u00e0 en perdre l\u2019aame :<br \/>\n\u2014 Nostre Dame ! ce dapn\u00e9 dyable de Luc travaille cent fois mieulx que maistre Lirault ! cent foys, sur ma fy, et une petiote par-dessus le march\u00e9 !<br \/>\nPensez bien que si le planchier se estoit desparti dessoubs leurs pieds, nos deux amoureux n\u2019eussent poinct est\u00e9 plus estommis qu\u2019\u00e0 ceste heure en oyant ainsy parler darri\u00e8re eux.<br \/>\n\u2014 Oh ! oh ! ce est ma dame ! dist Colette, en devenant palle comme une morte. Ce est madame, je ai recogneu sa voix.<br \/>\n\u2014 Oui ! oui ! ce est nous ! respondit la dame, en prenant la plus meschante voix qu\u2019elle pust treuver , oui, oui, ce est nous ! ce est nous, par les cornes du dyable ! Ah ! ah ! monsieur le beau gallant ! ce est ainsy que vous guardez la maison de vostre maistre ! J\u00e9sus ! pareille chouse ne se est point vue seurement depuis l\u2019an mil. D\u00e0 ! venez sur le champ me parler en ma chambre, je le veux.<br \/>\nLors remont\u00e8rent l\u2019escalier les deux dames ainsy que si elles astoient est\u00e9 moult meshaign\u00e9es en leur honneur, et enjoignirent \u00e0 la meschine de ne bouger mie et de faire la morte jusqu\u2019au lever du soleil si elle ne vouloit estre chass\u00e9e sur le champ sans pantophles aux pieds et le cul nud.<br \/>\nAdoncques se estant vistement muss\u00e9es parmy les toiles des linceulx attendirent, avec un petit fr\u00e9missement dedans le tr\u00e9fonds du coeur, la veneue de ce jardinier qui si bien s\u00e7avoit herser le champ d\u2019autrui, afin de cognoistre un peu comment il se deffendroit en cestre chicquanerie.<br \/>\nPensez bien que il entra la teste basse ainsy que un renard prins au pi\u00e8ge, et que il estoit loing d\u2019avoir gard\u00e9 ceste belle mine qui tant esmerveilloit les deux dames l\u2019instant davant !<br \/>\n\u2014 D\u00e0 ! approuchez-vous, mon amy ! dist ma dame Lirault.<br \/>\n\u2014 Oua ! oua !<br \/>\n\u2014 Encore un petit ! fist la Dansac, et levez la teste contremont pour qu\u2019on voie o\u00f9 la mouche vous picque\u2026<br \/>\n\u2014 Ou-ah ! \u2014 Par ma fy ! advoua la Lirault, onc ne vis si bon aboyeur comme vous ! Oua, oua, oua ! Si connils estoient l\u00e9ans, vous en viendriez \u00e0 chef sans arbaleste ! Mais de connils ne vous chant ! Et de garennes aussy ! C\u2019est \u00e0 l\u2019abri du soleil que vous braconnez.<br \/>\n\u2014 Oo-ou-a\u2026<br \/>\n\u2014 Cuydez-vous, reprit-elle avecques un oeil flamboyant qui eust pu donner \u00e0 penser au b\u00e9listre, s\u2019il avoit eu l\u2019esperit moins clos, cuydez-vous que vostre maistre seroit bien ayse de s\u00e7avoir que vous escorniflez ainsi l\u2019honneur des paouvres filles ?<br \/>\n\u2014 Oua, oua, oua, respondit Luc.<br \/>\n\u2014 \u00c0 mon advis, dist \u00e0 son tour la Dansac, qui ne pouvoit s\u2019empescher de rire, toutes les chamberri\u00e8res debvroient estre boucl\u00e9es \u00e0 la Bergamesque ! Au moins seroit-on seur de ne point les voir engroisser par des parpaillots de vostre esp\u00e8ce.<br \/>\n\u2014 Oua, oua.<br \/>\n\u2014 Oua, oua ! reprint la Dansac : vecy qui est bien parl\u00e9 ; oua, oua ! le beau diseur qui est l\u00e0 ! vecy un advocat pour nostre proc\u00e8s avecques la prevost\u00e9 ! oua ! oua ! allons, mouschez la chandelle, mon petiot prince !<br \/>\n\u2014 Oua ! oua ! oua ! respondit Luc, en tremblant comme une feuille.<br \/>\n\u2014 Da ! continua la dame du bourrelier, nostre seigneur J\u00e9sus nous ordonne d\u2019estre mis\u00e9richordieux au prouchain, et il nous faut l\u2019estre \u00e0 ton endroit, en ceste heure, car je vois bien que ceste dapn\u00e9e fille ta baill\u00e9 la fiebvre quarte ; allons, vistement deffeuble-toy, et viens icy te coucher entre nos deux, meschant\u2026<br \/>\n\u2014 Ah ! ah ! ma chi\u00e8re voysine, vous estes bien trop bonne pour ce marpault, dit la Lirault, lorsque le jardinier fust sous les linceulx ; v\u00e9ez bien que ce maulvois homme ira partout conter demain qu\u2019il a couch\u00e9 avecques nous\u2026<br \/>\n\u2014 Mais non, mais non, reprint la Dansac ; allons, le diras-tu, meschant dyable ?<br \/>\n\u2014 Oh ! non, fist le rustre, je le jure bien dessus la teste de mon paouvre defunct p\u00e8re ; et ce disant, se print-il \u00e0 trembler de nouveau si fort, que le lict en fust tout \u00e9branl\u00e9.<br \/>\n\u2014 Adoncques, reprint la bonne comm\u00e8re, il faut, si tu veux guaigner ton pardon empr\u00e8s de Dieu, et guarir la fiebvre qui te brusle, que tu fasses avecques nous deux ce que si bien du faisois avec Colette ! et encore fautil que tu le fasses plus vaillamment, et plus souvent, non poinct comme un maulvois boulgre vistempenard\u00e9, mais comme un bon chevalier de courtines que tu es ! Allons, \u00e7\u00e0 ! du courage le pied \u00e0 l\u2019\u00e9trier, mon amy ! Oua ! oua ! oua ! oua ! oua !<br \/>\nEt ce disant, se mit-elle en \u00e9tat de faciliter au paouvre jardinier la besoigne qu\u2019elle lui demandoit, et que bien debvez deviner, mes petites damoiselles, car ce ne estoit ni de sarcler les raves, ni d\u2019arracher les carottes, ni d\u2019eslocher les pommiers, mais bien aultre chouse ! \u2026<br \/>\nCombien de fois, nos deux bonnes rigolleuses baill\u00e8rent-elles le doulx rem\u00e8de au paouvre fiebvreux, il fauldroit que Dieu eust mis en mon esperit plus de malice qu\u2019il n\u2019en a lairr\u00e9 choir pour que je puisse le dire ; mais je s\u00e7ais bien que leurs esbattements duroient encore lorsque vint le soleil levant, et que la lice ne estoit poinct close encore lorsque sonna l\u2019angelus \u00e0 l\u2019ecclise de Saint-Jacques.<br \/>\nEt ce que bien aussy je s\u00e7ais, c\u2019est que le lendemain le paouvre Luc estoit aussy blanc de visaige que les bateleurs qui s\u2019en vont la gueule enfarin\u00e9e jouer dessus les estrades les \u00abCent farces de messire Gastebourse\u00bb.<br \/>\nAdoncques, le matin veneu, le lairr\u00e8rent gentement dormir, ce qui estoit bonne charit\u00e9 de leur part, puis ayant mand\u00e9 Colette empr\u00e8s d\u2019elles, lui promirent bonne dot d\u2019angelots tresbuschants si elle faisoit promesse et serment dessus la Bible de ne rien dire de ceste adventure. Lors le march\u00e9 ayant est\u00e9 conclu, continu\u00e8rent-elles toutes trois jusques au jour o\u00f9 fina la foyre de Poictiers \u00e0 faire jolliment labourer leur clos d\u2019amour par le vaillant jardinier, afin qu\u2019ivraie n\u2019y vinst \u00e0 poulser, non plus que chiendent ou chardon, qui sont bons pour la nourriture des asnes seulement.<br \/>\nNos deux marchands revinrent joyeulx de Poictiers, car ils avoient moult gaign\u00e9 d\u2019argent, et combien qu\u2019ils treuvassent leurs femmes un peu fatigu\u00e9es, poinct n\u2019en prirent-ils \u00e9moi, pour ce qu\u2019elles estoient gayes comme perdrix en juillet, et chantoient tout le long du jour.<br \/>\nLe mois d\u2019aoust estant veneu, la meschine espousa le jardinier ainsi que il avoit est\u00e9 dict, et il y eut quelques moys apr\u00e8s de grandes festes dans le quartier qui est ampr\u00e8s Sainct-Jacques, car les deux bourgeoises et la meschine estant accouch\u00e9es, on baptisoit en m\u00eame temps trois marmouzets qui se ressembloient autant que trois gouttes d\u2019eau, ce qui fust dans tout le pa\u00efs chastelleraudois consid\u00e9r\u00e9 comme un grand miracle.<br \/>\nLes festes dur\u00e8rent huit jours, et gr\u00e2ce aux bons \u00e9cus de la foyre, victuailles ne furent point espargn\u00e9es, ni vins d\u2019aulcunes sortes, si bien que tous les gens d\u2019alentour furent saouls comme grives pendant toute la sepmaine.<br \/>\nLa morale de cestuy conte est que les marys onc ne doivent marcher contre le gr\u00e9 de leurs dames, ni mettre la broillerie dans leur esperit, pour ce que les dames treuvent toujours le meilleur moyen de se venger, &#8211; lequel est, vous le s\u00e7avez assy bien que moy, de faire l\u2019aum\u00f4ne aux autres, avec ceste belle et dolce monnoye d\u2019amour qui pour les dicts marys seul fust frapp\u00e9e !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait des Contes du chat noir O\u00f9 il est glorieusement d\u00e9montr\u00e9 que bourgeois doibvent toujours lairrer leurs dames et leurs champs \u00e0 la guarde d\u2019un bon jardinier toutes fois qu\u2019 ils vont en voyage Les belles histoires de nos p\u00e8res Rodolphe Salis Rodolphe, Constant, Maximin, Salis (1851 &#8211; 1897) est le cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Contes du chat noir&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-278","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-marges"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Editions Pha\u00e9ton\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2016-03-05T14:15:56+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-10-20T13:26:03+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Phaeton\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Phaeton\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"22 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\",\"url\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\",\"name\":\"Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website\"},\"datePublished\":\"2016-03-05T14:15:56+00:00\",\"dateModified\":\"2020-10-20T13:26:03+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667\"},\"description\":\"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Contes du chat noir\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/\",\"name\":\"Editions Pha\u00e9ton\",\"description\":\"Maison d&#039;\u00e9ditions \",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667\",\"name\":\"Phaeton\",\"url\":\"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/author\/admin4496\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien","description":"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien","og_description":"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.","og_url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/","og_site_name":"Editions Pha\u00e9ton","article_published_time":"2016-03-05T14:15:56+00:00","article_modified_time":"2020-10-20T13:26:03+00:00","author":"Phaeton","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Phaeton","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"22 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/","name":"Les contes du chat noir par Rodolphe Salis cr\u00e9ateur du cabaret parisien","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website"},"datePublished":"2016-03-05T14:15:56+00:00","dateModified":"2020-10-20T13:26:03+00:00","author":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667"},"description":"Extrait des Contes du Chat noir, par Rodolphe Salis, cr\u00e9ateur du c\u00e9l\u00e8bre cabaret parisien Le chat Noir, ouvert en 1881. Ce lieu fut un cercle litt\u00e9raire.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2016\/03\/05\/contes-du-chat-noir\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Contes du chat noir"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/","name":"Editions Pha\u00e9ton","description":"Maison d&#039;\u00e9ditions ","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667","name":"Phaeton","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/author\/admin4496\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=278"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":279,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278\/revisions\/279"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}