{"id":72,"date":"2017-02-26T17:19:00","date_gmt":"2017-02-26T16:19:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revue-phaeton.fr\/?p=72"},"modified":"2017-02-26T17:19:00","modified_gmt":"2017-02-26T16:19:00","slug":"esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/","title":{"rendered":"Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le pass\u00e9 d\u2019une esp\u00e9rance (1921-1991) <\/strong><br \/>\n<strong>Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien <\/strong><br \/>\n<strong>Julien Giudicelli<\/strong><\/p>\n<p>Julien Giudicelli est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en droit public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bordeaux. Constitutionnaliste, il est sp\u00e9cialiste de la vie politique et institutionnelle italienne. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 assistant-\u00e9tranger \u00e0 la Cour Constitutionnelle d\u2019Italie, il est l\u2019auteur d\u2019une th\u00e8se sur cette juridiction et le r\u00e9f\u00e9rendum abrogatif. Contributeur \u00e0 l\u2019Annuaire international de justice constitutionnelle, il a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 de nombreux articles pour des revues sp\u00e9cialis\u00e9es et a sign\u00e9 un ouvrage r\u00e9f\u00e9rence Justice constitutionnelle, Italie \u2013 Gr\u00e8ce (LGDJ, 1997).<\/p>\n<p><em>D\u2019Alema, d\u00ec una cosa di sinistra, <\/em><br \/>\n<em>d\u00ec una cosa anche non di sinistra, di civilt\u00e0, <\/em><br \/>\n<em>D\u2019Alema, d\u00ec una cosa, d\u00ec qualcosa, reagisci ! <\/em><\/p>\n<p><em>D\u2019Alema, dis quelque chose de gauche, <\/em><br \/>\n<em>et m\u00eame si ce n\u2019est pas de gauche, de civilis\u00e9, <\/em><br \/>\n<em>D\u2019Alema dis une chose, dis quelque chose, r\u00e9agis ! <\/em><\/p>\n<p><em>Nanni Moretti, Aprile, 1997.<\/em><\/p>\n<p>Les rep\u00e8res usuels de classification des forces politiques fran\u00e7aises ne sont que partiellement utiles pour l\u2019analyse de la vie politique italienne. On identifie classiquement trois droites en France depuis Ren\u00e9 R\u00e9mond (1), les droites l\u00e9gitimiste (ou contre-r\u00e9volutionnaire), orl\u00e9aniste (ou lib\u00e9rale) et bonapartiste (ou c\u00e9sarienne).<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, ce sch\u00e9ma demeure op\u00e9ratoire (m\u00eame si la composante lib\u00e9rale est actuellement \u00e9clat\u00e9e entre plusieurs formations, UMP en son courant dit \u00ab humaniste \u00bb, UDI et MODEM). Le FN se range dans la tradition contre-r\u00e9volutionnaire et l\u2019essentiel des forces de l\u2019UMP, parce que provenant de l\u2019ex-RPR (anciennement UDR et UNR), mouvement gaulliste de filiation clairement bonapartiste, entre dans la typologie de la droite c\u00e9sarienne. Une classification plus r\u00e9cente de la gauche a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Jacques Julliard (2), qui distingue gauche lib\u00e9rale, jacobine, collectiviste et libertaire. Ces quatre courants se sont entrecrois\u00e9s depuis deux si\u00e8cles, de sorte qu\u2019il appara\u00eet plus difficile d\u2019y ranger de fa\u00e7on claire les partis politiques de la gauche fran\u00e7aise. Mais les deux partis les plus influents depuis la lib\u00e9ration, le PCF et le PS, captent, chacun, au moins deux de ces traditions : jacobine et collectiviste pour le PCF, libertaire et lib\u00e9rale pour le PS (la composante libertaire pouvant en partie se retrouver aujourd\u2019hui chez EELV, certains courants du PS pouvant tout autant se retrouver dans la composante jacobine, voire collectiviste). Une classification radicale, moins riche mais plus op\u00e9ratoire, propose de distinguer, depuis le Congr\u00e8s de Tours (d\u00e9cembre 1920), une gauche r\u00e9formiste (socialiste) et une gauche r\u00e9volutionnaire (communiste). Si l\u2019on analyse l\u2019\u00e9volution des gauches fran\u00e7aises depuis la Lib\u00e9ration, la gauche r\u00e9formiste n\u2019a d\u00e9finitivement supplant\u00e9, \u00e9lectoralement parlant, la gauche r\u00e9volutionnaire, qu\u2019\u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1970, c\u2019est-\u00e0dire apr\u00e8s l\u2019Union de la gauche voulue par Fran\u00e7ois Mitterrand, qui acc\u00e9da \u00e0 la t\u00eate du PS au Congr\u00e8s d\u2019Epinay. Pourtant, le PCF n\u2019a que tr\u00e8s peu gouvern\u00e9 ; apr\u00e8s la Lib\u00e9ration et jusqu\u2019\u00e0 la fin du tripartisme (1947), de 1981 \u00e0 1984, apr\u00e8s l\u2019accession de Fran\u00e7ois Mitterrand \u00e0 la pr\u00e9sidence, et de 1997 \u00e0 2002, dans le cadre des gauches plurielles du gouvernement Jospin.<\/p>\n<p>Le tableau diff\u00e8re en Italie. Prenons en compte la p\u00e9riode historique cons\u00e9cutive \u00e0 la Lib\u00e9ration, la parenth\u00e8se de la phase parlementaire du fascisme ayant \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s rapidement referm\u00e9e, les partis de gauche ayant d\u00fb d\u00e8s lors tr\u00e8s t\u00f4t basculer dans la clandestinit\u00e9. Apr\u00e8s la chute du fascisme, la droite a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s largement domin\u00e9e, jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 par la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne, le MSI, h\u00e9ritier du fascisme, n\u2019ayant jamais r\u00e9alis\u00e9 que des scores marginaux. La situation \u00e9voluera apr\u00e8s le scandale Tangentopoli qui vit s\u2019effondrer la DC (D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne) et redistribuer les cartes de la droite au profit des formations anim\u00e9es par Berlusconi et d\u2019un aggiornamento du MSI, se transformant, sous la houlette du successeur d\u2019Almirante, Gianfranco Fini, en mouvement tenant de la droite c\u00e9sariste (Alleanza nazionale). \u00c0 gauche en revanche, et contrairement \u00e0 la France, le PCI fut largement h\u00e9g\u00e9monique jusqu\u2019\u00e0 sa dissolution, en 1991, lors de son dernier congr\u00e8s, \u00e0 Rimini. Le PSI, m\u00eame durant sa p\u00e9riode la plus faste, c\u2019est-\u00e0-dire sous Bettino Craxi au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, ne d\u00e9passa jamais son rival communiste. Il faut dire que les tenants d\u2019une union des gauches \u00e0 la fran\u00e7aise \u00e9taient minoritaires, le PSI, sauf durant la p\u00e9riode du tripartisme, qui s\u2019acheva comme en France en 1947, s\u2019\u00e9tant refus\u00e9 \u00e0 s\u2019associer au PCI. Le pari de Fran\u00e7ois Mitterrand de diminuer l\u2019influence du PCF en l\u2019\u00e9touffant dans l\u2019Union de la gauche ne fut jamais tent\u00e9 en Italie, le PSI n\u2019ayant nul besoin de son rival de gauche pour gouverner, la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne lui offrant de nombreuses fois une alliance conjoncturelle lui permettant, malgr\u00e9 sa faible influence \u00e9lectorale, de gouverner, y compris aux plus hauts postes (Bettino Craxi, son principal responsable, put ainsi rester trois ans pr\u00e9sident du Conseil, record que ne battit, qu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, son \u00e9tonnant \u00abprot\u00e9g\u00e9 \u00bb, Silvio Berlusconi).<\/p>\n<p>On pourrait alors affirmer que la composante r\u00e9formiste de la gauche italienne \u00e9tait de fait, r\u00e9duite \u00e0 la portion congrue. C\u2019est peut-\u00eatre croire alors que le PCI n\u2019aurait pas su op\u00e9rer, vraisemblablement malgr\u00e9 lui, la synth\u00e8se dialectique des deux tendances, r\u00e9formiste et r\u00e9volutionnaire, et que ce dessein, qu\u2019une ruse de l\u2019histoire des gauches italiennes sembla lui assigner tout en le lui dissimulant, devait durablement l\u2019affecter, jusqu\u2019\u00e0 provoquer sa dissolution, soit son suicide politique, que rien, pourtant, ne semblait annoncer. C\u2019est peut-\u00eatre aussi oublier qu\u2019une partie de la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne pouvait, selon les canons rapidement esquiss\u00e9s plus haut, se trouver, \u00e0 son insu, dans les rangs de la gauche r\u00e9formiste ou, pour reprendre l\u2019une des cat\u00e9gories de Jacques Julliard, de la gauche lib\u00e9rale (au sens, bien s\u00fbr, strictement \u00e9conomique du terme). Comme si, dans le pays du \u00abcrispisme\u00bb ou transformisme politique, les rep\u00e8res gauche\/droite h\u00e9rit\u00e9s de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, par trop cart\u00e9siens, \u00e9taient dilu\u00e9s, donnant \u00e0 la sc\u00e8ne politique italienne un go\u00fbt impressionniste, que le classicisme fran\u00e7ais aurait du mal \u00e0 faire sien. Pourtant, ce voile de l\u2019Artiste de l\u2019histoire italienne sembla se r\u00e9v\u00e9ler progressivement durant la d\u00e9cennie 1990, faisant confluer l\u2019ensemble des gauches en un destin unique, certains pensant (dont l\u2019auteur de ces lignes) qu\u2019il signait le d\u00e9clin, f\u00fbt-il provisoire, d\u2019une esp\u00e9rance (que l\u2019on ne devrait cependant en aucun cas confondre avec le pass\u00e9 d\u2019une illusion, trop dogmatiquement \u00e9voqu\u00e9e par Fran\u00e7ois Furet)(3) et l\u2019aveu de la capitulation de l\u2019invention progressiste en politique.<\/p>\n<p>L\u2019histoire des gauches italiennes commen\u00e7a bien diff\u00e9remment de celle des gauches fran\u00e7aises. On le sait, les partisans de la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau parti (motion Cachin-Frossard), ult\u00e9rieurement d\u00e9nomm\u00e9 communiste (\u00e0 l\u2019origine SFIC pour section fran\u00e7aise de l\u2019internationale communiste), furent majoritaires au congr\u00e8s de Tours, les auto-proclam\u00e9s gardiens de la \u00abvielle maison\u00bb (expression fameuse de L\u00e9on Blum) \u00e9tant rejet\u00e9s dans la minorit\u00e9, fondatrice de la SFIO. \u00c0 l\u2019inverse, les tenants de la scission communiste, emmen\u00e9s par Amadeo Bordiga et Antonio Gramsci, furent minoritaires au congr\u00e8s de Livourne, en janvier 1921. Mais ce rapport de forces initial n\u2019eut finalement que peu d\u2019incidences, les partis progressistes devant, on l\u2019a indiqu\u00e9 plus haut, basculer dans la clandestinit\u00e9 apr\u00e8s la fin de la parenth\u00e8se parlementariste du fascisme (la phase dite corporatiste du fascisme commen\u00e7ant d\u00e8s 1925), cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019assassinat d\u2019un d\u00e9put\u00e9 socialiste en 1924, Matteotti, par les sbires du Duce. D\u00e8s la Lib\u00e9ration, le PCI supplantait largement le PSI, faisant quasiment jeu \u00e9gal avec la DC. De sorte que l\u2019histoire italienne de l\u2019apr\u00e8sguerre est celle d\u2019un bipartisme de fait entre la DC et le PCI, temp\u00e9r\u00e9 par un multipartisme institutionnel favoris\u00e9 par la proportionnelle, en vigueur dans les deux assembl\u00e9es (ce qui n\u2019est pas sans importance, le bicam\u00e9risme italien \u00e9tant l\u2019un des rares compl\u00e8tement \u00e9galitaire). La tr\u00e8s forte influence \u00e9lectorale communiste ne s\u2019explique pas seulement par son r\u00f4le majeur dans la r\u00e9sistance. L\u2019Italie \u00e9tait litt\u00e9ralement d\u00e9vast\u00e9e apr\u00e8s-guerre, bien plus que la France. Des millions de personnes \u00e9taient jet\u00e9es dans la mis\u00e8re et la division sociale du pays existant depuis le Risorgimento entre un Nord industriel et un Sud, ou Mezzogiorno, essentiellement rural, \u00e9tait largement accentu\u00e9e. Ce d\u00e9classement social induit par la trag\u00e9die de la guerre constituait un terreau propice au discours de la lutte des classes, v\u00e9hicul\u00e9 par le PCI. On doit mentionner que l\u2019\u00e9lectorat communiste n\u2019\u00e9tait pas g\u00e9ographiquement homog\u00e8ne, les bastions traditionnels du PCI se trouvant dans le Nord industriel, ce qui, somme toute, est logique en raison de la culture ouvri\u00e9riste des mouvements r\u00e9volutionnaires. Les \u00e9lecteurs du Mezzogiorno, pourtant plus d\u00e9favoris\u00e9s que leurs compatriotes septentrionaux, accordaient plus volontiers leurs suffrages \u00e0 la DC. L\u2019explication, sch\u00e9matique mais \u00e9prouv\u00e9e, en est simple. L\u2019\u00e9conomie du Sud de l\u2019Italie est longtemps demeur\u00e9e essentiellement rurale. Par ailleurs, l\u2019influence de l\u2019\u00c9glise y \u00e9tait (y demeure d\u2019ailleurs) largement plus pr\u00e9gnante. Beaucoup affirment enfin, sans qu\u2019une preuve d\u00e9finitive ait pu \u00eatre clairement rapport\u00e9e, que les multiples mafias innervant ces r\u00e9gions m\u00e9ridionales appelaient leurs affid\u00e9s \u00e0 voter massivement pour la DC, en \u00e9change de menus arrangements en forme d\u2019int\u00e9r\u00eats bien compris de la part du sommet de l\u2019\u00c9tat. Il est vrai que les capimaffiosi, adeptes d\u2019une forme fort singuli\u00e8re d\u2019entreprises individuelles et d\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale, n\u2019avaient aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les leaders communistes endoctrinent leurs gens&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019histoire politique de l\u2019Italie, de la Lib\u00e9ration aux ann\u00e9es 1990, se r\u00e9suma donc en un affrontement, en v\u00e9rit\u00e9 in\u00e9gal, entre DC et PCI. In\u00e9gal tout d\u2019abord parce que les forces politiques non communistes, de gauche comme de droite mais domin\u00e9es par les d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens, se sont toujours entendus depuis 1947 et surtout 1956 (c\u2019est-\u00e0-dire apr\u00e8s la r\u00e9pression sovi\u00e9tique du soul\u00e8vement hongrois, comme on le verra plus apr\u00e8s) pour exclure le PCI du gouvernement, si l\u2019on excepte la parenth\u00e8se du compromis historique, th\u00e9oris\u00e9e par Enrico Berlinguer, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCI, et accept\u00e9e par Aldo Moro, leader de la DC. Mais, on le sait, l\u2019entr\u00e9e des communistes au Gouvernement n\u2019eut en fait jamais lieu, l\u2019assassinat d\u2019Aldo Moro par les Brigades Rouges et l\u2019hostilit\u00e9 des chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates Andreotti et Cossiga (ce dernier pourtant apparent\u00e9 \u00e0 Berlinguer) douchant d\u00e9finitivement les espoirs d\u2019un rapprochement entre chr\u00e9tiens sociaux (ou aile gauche de la DC) et communistes. In\u00e9gal ensuite, parce que les \u00c9tats-Unis ne pouvaient tol\u00e9rer que leur alli\u00e9 italien, qui leur fournissait plusieurs bases de l\u2019OTAN, p\u00fbt accepter que le PCI participe, m\u00eame modestement \u00e0 la conduite du pays, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il \u00e9tait le parti communiste occidental le plus puissant, toujours alli\u00e9, quoique avec une libert\u00e9 critique allant croissante \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960, avec le \u00abparti fr\u00e8re\u00bb sovi\u00e9tique. Cette conventio ad excludendum est, peut-\u00eatre, mais non exclusivement, l\u2019un des facteurs explicatifs de la mue du PCI en partie social-d\u00e9mocrate, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>Il appara\u00eet pourtant difficile de comprendre comment un parti, port\u00e9 par des centaines de milliers d\u2019adh\u00e9rents et par des millions d\u2019\u00e9lecteurs, gouvernant de grandes villes et, depuis les ann\u00e9es 1970 nombre d\u2019ex\u00e9cutifs r\u00e9gionaux(4), forme transalpine de ce \u00abcommunisme municipal\u00bb fran\u00e7ais (5), soutenu par une grande partie de l\u2019intelligentsia culturelle, a pu, volontairement, se saborder.<\/p>\n<p>On pr\u00e9sente souvent le PCI comme le moins dogmatique, le plus ouvert, le plus d\u00e9mocratique, en un mot le moins stalinien des partis communistes occidentaux. Cette analyse doit \u00eatre affin\u00e9e. Dans un premier temps, le PCI n\u2019avait qu\u2019une autonomie toute relative \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Komintern (ou IIIe Internationale) puis du Kominform, qui n\u2019\u00e9taient autres que les courroies de transmission de Staline \u00e0 l\u2019\u00e9gard de partis qui, sous l\u2019appellation trompeuse de \u00abfr\u00e8res\u00bb, \u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9 litt\u00e9ralement inf\u00e9od\u00e9s au PCUS. L\u2019organisation du Kominform est dissoute en avril 1956, sous l\u2019effet de la d\u00e9stalinisation lanc\u00e9e par Nikita Khrouchtchev lors du XXe Congr\u00e8s du PCUS qui d\u00e9non\u00e7a, dans son rapport secret, les crimes de Staline (6). C\u2019est alors que le PCI commen\u00e7a de se d\u00e9tacher progressivement du mod\u00e8le sovi\u00e9tique, contrairement au PCF, qui se montra sceptique quant \u00e0 la d\u00e9stalinisation, comme en t\u00e9moigne l\u2019expression du journal L\u2019Humanit\u00e9 sur le \u00abrapport attribu\u00e9 au camarade Khrouchtchev\u00bb (c\u2019est nous qui soulignons). Si Palmiro Togliatti, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCI, ne critiqua pas la r\u00e9pression de l\u2019insurrection en Hongrie en novembre 1956 par les chars de l\u2019arm\u00e9e rouge, l\u2019enterrement qui en r\u00e9sulta de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re pacte d\u2019unit\u00e9 d\u2019action entre le PSI de Pietro Nenni et le PCI d\u2019une part, la mont\u00e9e de la contestation interne d\u2019autre part, achev\u00e8rent la direction de prendre en partie ses distances avec le mod\u00e8le sovi\u00e9tique. Togliatti th\u00e9orisa alors la doctrine du \u00abpolycentrisme\u00bb, visant \u00e0 la proclamation d\u2019un \u00abchemin national vers le socialisme\u00bb, qui n\u2019eut l\u2019heur de plaire au PCUS, anticipant par ailleurs, en partie, le mod\u00e8le de l\u2019eurocommunisme des ann\u00e9es 1970. L\u2019\u00e9crasement du Printemps de Prague, en 1968, fut en revanche clairement critiqu\u00e9 par le PCI qui alla plus loin que son homologue fran\u00e7ais puisque, si le PCF d\u00e9sapprouva lui aussi le coup de force sovi\u00e9tique, il ne condamna jamais, \u00e0 l\u2019inverse du PCI d\u2019Enrico Berlinguer, la \u00abnormalisation\u00bb qui s\u2019en suivit. D\u00e8s lors, l\u2019action du PCI, toujours influenc\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs, s\u2019orienta dans deux directions en r\u00e9alit\u00e9 convergentes : la consolidation d\u2019une \u00e9mancipation claire vis-\u00e0-vis de l\u2019Union sovi\u00e9tique, empruntant, pour le guider, le chemin de l\u2019eurocommunisme esquiss\u00e9 par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti communiste espagnol, Santiago Carrillo (7) d\u2019une part, le rapprochement, apparemment contre-nature, avec la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Le compromis historique propos\u00e9 par Berlinguer \u00e0 la DC r\u00e9sultait en effet d\u2019une pr\u00e9occupation majeure, \u00e9viter un coup d\u2019\u00c9tat \u00e0 la chilienne (11 septembre 1973) organis\u00e9 en sous-main par les \u00c9tats-Unis, alors m\u00eame que les ann\u00e9es noires, baptis\u00e9es de plomb, s\u2019abattaient sur l\u2019Italie, depuis l\u2019attentat sanglant de Piazza fontana \u00e0 Milan, en 1969. \u00c0 cette strat\u00e9gie de la tension, visant \u00e0 la perp\u00e9tuation de massacres de masse de la part de mouvances d\u2019extr\u00eames droites, r\u00e9pondit une radicalisation post soixante-huitarde d\u2019une frange de la gauche radicale, basculant, elle-aussi vers l\u2019extr\u00eame, et perp\u00e9trant des attentats cibl\u00e9s contre des dirigeants \u00e9conomiques puis politiques. Le chaos qui s\u2019abattait sur la p\u00e9ninsule convainquit Berlinguer, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une analyse des \u00e9v\u00e9nements chiliens dans la revue Rinascita, de proposer une alliance politique avec la DC, seule \u00e0 m\u00eame de faire acc\u00e9der le PCI aux fonctions gouvernementales dont il \u00e9tait priv\u00e9 depuis 1947. L\u2019assassinat d\u2019Aldo Moro en 1978, s\u2019il n\u2019emp\u00eacha pas le PCI de soutenir, quelques temps encore, des gouvernements de \u00absolidarit\u00e9 nationale\u00bb, lui ferma n\u00e9anmoins d\u00e9finitivement les portes du Palazzo Chigi (si\u00e8ge de la pr\u00e9sidence du conseil) et des autres palais nationaux de l\u2019ex\u00e9cutif, que seul Aldo Moro, \u00e0 l\u2019inverse des autres figures de la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne, voulait sinc\u00e8rement ouvrir. On a beaucoup sp\u00e9cul\u00e9 sur l\u2019assassinat de Moro, invoquant une possible manipulation \u00e0 leur insu des Brigades Rouges par les mouvances d\u2019extr\u00eame droite, la loge P2, les services secrets italiens ou le r\u00e9seau Gladio. L\u2019un de ses responsables s\u2019en d\u00e9fend fermement dans un livre entretien (8) Pourtant, nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments trouv\u00e9s durant l\u2019enqu\u00eate apparaissent fort troublants. Rien n\u2019a pourtant \u00e9t\u00e9 formellement prouv\u00e9. Mais on peut s\u2019interroger sur la \u00abcible\u00bb Moro de la part des brigadistes, seule figure authentiquement sociale et pr\u00eate au compromis avec les communistes. Comme s\u2019il s\u2019agissait pr\u00e9cis\u00e9ment de supprimer l\u2019une des pi\u00e8ces essentielles du bin\u00f4me qu\u2019il constituait avec Berlinguer pour faire capoter ce rapprochement. L\u2019Histoire ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019on en conna\u00eet aujourd\u2019hui, n\u2019a pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 cette part de myst\u00e8re, la version officielle \u00e9tant une action isol\u00e9e \u00e0 la seule initiative des brigadistes. Notons la part de symbolique tragique lors de la d\u00e9couverte du corps d\u2019Aldo Moro, dans le coffre d\u2019une Renault 4L, gar\u00e9e Via Caetani \u00e0 Rome, \u00e0 mi-chemin des si\u00e8ges du PCI et de la DC\u2026<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience des gouvernements de solidarit\u00e9 nationale ne devait pas durer au-del\u00e0 de 1979. Elle visait \u00e0 lutter contre les diff\u00e9rentes formes d\u2019extr\u00e9misme terroriste, de droite comme de gauche, le PCI donnant sa confiance \u00e0 des gouvernements domin\u00e9s par la DC, malgr\u00e9 l\u2019assassinat de Moro et bien qu\u2019aucun ministre communiste ne f\u00fbt appel\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif. D\u00e8s lors, la mort symbolique du compromis historique ne surv\u00e9cut qu\u2019un an, \u00e0 l\u2019assassinat du chef de la DC.<\/p>\n<p>Le choix d\u2019inscrire ses pas dans le sillage de Santiago Carrillo, inventeur de la notion d\u2019eurocommunisme, participe en fait, de la part de Berlinguer, d\u2019une d\u00e9marche convergente \u00e0 la strat\u00e9gie du compromis historique. L\u2019Eurocommunisme incluait une d\u00e9nonciation sans ambages non du socialisme, mais du socialisme dit r\u00e9el, prenant la forme d\u2019une analyse s\u00e9v\u00e8re du r\u00e9gime de l\u2019Union sovi\u00e9tique et de ses affid\u00e9s des d\u00e9mocraties populaires de l\u2019Europe orientale, \u00e0 travers la condamnation du goulag, de la dictature, de l\u2019absence de libert\u00e9s formelles (pluralisme, libert\u00e9 d\u2019expression, droits de la d\u00e9fense, dans des pays o\u00f9 les internements abusifs et l\u2019instrumentalisation de la psychiatrie contre les opposants politiques \u00e9taient fr\u00e9quents). Cette critique radicale manifestait une double intention : il s\u2019agissait en effet non seulement de proposer une red\u00e9finition du socialisme (Berlinguer revendiquant en 1976, devant les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du XXVe congr\u00e8s du PCUS un \u00absyst\u00e8me pluraliste\u00bb de socialisme), mais d\u2019asseoir aussi, en interne, la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un parti authentiquement d\u00e9mocratique, pouvant participer \u00e0 l\u2019exercice du pouvoir. Las, la convergence des PCI, PCE et PCF fit long feu, le parti fran\u00e7ais rompant en 1977 l\u2019Union de la gauche et se r\u00e9orientant vers le mod\u00e8le sovi\u00e9tique (approuvant notamment, deux ans plus tard, l\u2019invasion de l\u2019Afghanistan par l\u2019URSS).<\/p>\n<p>La fin des exp\u00e9riences du compromis historique et de l\u2019eurocommunisme devait rejeter d\u00e9finitivement le PCI dans l\u2019opposition. La DC, de son c\u00f4t\u00e9, endigua son ancien et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re partenaire en renon\u00e7ant (en apparence seulement car il maintenait certaines de ses figures les plus embl\u00e9matiques, comme Andreotti, \u00e0 des postes clefs de l\u2019ex\u00e9cutif) \u00e0 endosser la t\u00eate de la pr\u00e9sidence du conseil, pour favoriser l\u2019exp\u00e9rience de gouvernements multipartites, pour la premi\u00e8re fois dirig\u00e9s par un socialiste, Bettino Craxi. Ce dernier profita de son exp\u00e9rience gouvernementale pour imposer au PSI une r\u00e9orientation social-d\u00e9mocrate, voire social-lib\u00e9rale, qui exacerba les tensions avec le PCI.<\/p>\n<p>La crise des deux gauches atteint son paroxysme lors de la r\u00e9vision de l\u2019\u00e9chelle mobile des salaires, c\u2019est-\u00e0-dire de leur indexation \u00e0 l\u2019inflation. Le gouvernement Craxi prit un d\u00e9cret (devenu une loi), ironiquement appel\u00e9 d\u00e9cret de la Saint Valentin (14 f\u00e9vrier 1984). Il ent\u00e9rinait ainsi un accord entre partenaires sociaux (principalement la Cofindustria, c\u2019est-\u00e0dire le patronat italien, et la CISL, conf\u00e9d\u00e9ration italienne des syndicats de travailleurs, d\u2019inspiration catholique, que l\u2019on pourrait apparenter \u00e0 la CFDT), qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par la CGIL, syndicat proche du PCI. Il s\u2019agissait d\u2019abaisser de 4 % l\u2019indexation des salaires \u00e0 l\u2019inflation. Cette d\u00e9sindexation partielle, pr\u00e9lude \u00e0 une abrogation ult\u00e9rieure d\u00e9finitive de l\u2019\u00e9chelle mobile par Giuliano Amato en 1992 (pr\u00e9sident du conseil \u00e9galement socialiste), fut vivement d\u00e9nonc\u00e9e par Berlinguer, qui d\u00e9clencha une r\u00e9colte de signatures visant \u00e0 organiser un r\u00e9f\u00e9rendum abrogatif de cette r\u00e9forme. L\u2019enjeu \u00e9tait clair. Il s\u2019agissait non seulement de d\u00e9fendre les salari\u00e9s, victimes expiatoires d\u2019un discours vantant le cr\u00e9do lib\u00e9ral de la comp\u00e9titivit\u00e9, et de d\u00e9noncer la posture craxienne, qui, aux yeux du dirigeant communiste, trahissait ouvertement non seulement les id\u00e9aux de la gauche, mais aussi les int\u00e9r\u00eats des travailleurs italiens (9). R\u00e9unir les 500 000 signatures requises ne fut qu\u2019une formalit\u00e9. Le r\u00e9f\u00e9rendum devait avoir lieu en juin 1985. Une autre \u00e9ch\u00e9ance \u00e9lectorale attendait tout d\u2019abord le PCI. Les \u00e9lections europ\u00e9ennes du 17 juin 1984 virent le triomphe du PCI (endeuill\u00e9 par la disparition tragique de Berlinguer, victime d\u2019un infarctus en plein meeting \u00e9lectoral le 7 juin durant un discours retransmis en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision qui l\u2019emporta le 11). Le Parti communiste obtint son maximum historique, devan\u00e7ant pour la premi\u00e8re et derni\u00e8re fois la DC (33,33 % contre 32,96 %) et \u00e9crasant le PSI de Craxi (11,21 %). Il ne s\u2019agissait pourtant, pour le d\u00e9funt Berlinguer, que d\u2019une victoire \u00e0 la Pyrrhus. Le r\u00e9f\u00e9rendum sur la d\u00e9sindexation partielle de l\u2019\u00e9chelle mobile des salaires organis\u00e9 les 9 et 10 juin 1985, marqua en effet sa d\u00e9faite posthume. Une participation \u00e9lev\u00e9e (77,9 %) ne permit cependant pas une mobilisation suffisante, les partisans de l\u2019abrogation n\u2019obtenant que 45,7 % des suffrages contre 54,3 % pour les partisans de la r\u00e9forme.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le recul du PCI, il garda un poids \u00e9lectoral cons\u00e9quent. En 1987, soit lors des derni\u00e8res \u00e9lections \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s et au S\u00e9nat auxquelles participa le PCI en tant que tel, c\u2019est-\u00e0-dire avant sa mutation op\u00e9r\u00e9e au congr\u00e8s de Rimini, il obtint 28,33 % des suffrages au S\u00e9nat et 26,57 % \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s. Recul relatif en regard des \u00e9lections de la l\u00e9gislature pr\u00e9c\u00e9dente en 1983, avec une perte de 3,37 % des suffrages \u00e0 la Chambre et de 2,48 points au S\u00e9nat. Rien ne laissait donc pr\u00e9sager la disparition d\u2019une force politique si influente.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9v\u00e9nement tragique va pourtant peser d\u2019un poids certain sur l\u2019orientation du PCI. Le 30 avril 1988, Alessandro Natta, successeur d\u2019Enrico Berlinguer \u00e0 la t\u00eate du parti, est lui-m\u00eame frapp\u00e9 d\u2019un infarctus alors qu\u2019il participait, tout comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, \u00e0 un meeting \u00e9lectoral. Sa charge de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral sera confi\u00e9e \u00e0 un membre de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, Achille Occhetto. Natta critiquera cette d\u00e9signation, dans une lettre am\u00e8re \u00e0 la direction (10). C\u2019est principalement Occhetto qui est \u00e0 l\u2019origine de la mutation interne du PCI. \u00c0 l\u2019occasion d\u2019un discours prononc\u00e9 le 12 novembre 1989 \u00e0 Bologne devant des r\u00e9sistants, il affirme qu\u2019\u00ab il est n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9viter de continuer \u00e0 emprunter d\u2019anciennes routes, pour en inventer d\u2019autres afin d\u2019unifier les forces progressistes \u00bb. \u00c0 une question relative \u00e0 un \u00e9ventuel changement de nom du parti, Occhetto r\u00e9pondit, laconique que \u00ab cela laisse tout pr\u00e9sager \u00bb. Cet \u00e9v\u00e9nement, connu en Italie sous le nom de svolta della Bolognina, am\u00e8nera le 3 f\u00e9vrier 1991 \u00e0 la dissolution du PCI. Ce tournant est \u00e0 l\u2019initiative d\u2019Occhetto seul, puisqu\u2019aucune des instances du parti ne fut consult\u00e9e. La question du changement de nom, et de l\u2019abandon de l\u2019\u00e9pith\u00e8te communiste, n\u2019est bien \u00e9videmment pas neutre. Elle a par ailleurs fait l\u2019objet de multiples d\u00e9bats depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ce changement de vocable, c\u2019est une mutation politique profonde qui s\u2019annonce, tant sur la question programmatique que sur celle des alliances politiques \u00e0 venir. Notons que le discours d\u2019Occhetto \u00e0 Bologne o\u00f9 il op\u00e8re, seul, ce virage ou tournant (svolta) est prononc\u00e9 le 12 novembre 1989 ; la chute du mur de Berlin a eu lieu dans la nuit du 9 au 10 novembre. Le rapprochement de ces dates n\u2019est \u00e9videmment pas fortuit. Certes, il s\u2019agissait symboliquement, pour le dernier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCI, de se dissocier d\u00e9finitivement des exp\u00e9riences socialistes de l\u2019Est et d\u2019affirmer que son parti n\u2019en \u00e9tait aucunement comptable, mais surtout de s\u2019appuyer opportun\u00e9ment sur l\u2019Histoire en marche pour pr\u00e9cipiter celle de sa formation politique. Ce travail de repositionnement avait pourtant \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 largement effectu\u00e9, ainsi que nous l\u2019avons expliqu\u00e9, tout d\u2019abord avec Togliatti, apr\u00e8s 1956, puis surtout avec Berlinguer. La question du changement de nom cache celle du changement de r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques et id\u00e9ologiques. Berlinguer, dans un discours de cl\u00f4ture prononc\u00e9 \u00e0 la f\u00eate de l\u2019Unit\u00e0, \u00e0 G\u00eanes, le 3 juin 1979, avait r\u00e9pondu, comme par anticipation, \u00e0 son successeur : \u00abNos adversaires pr\u00e9tendent que nous devrions jeter aux orties non seulement les riches le\u00e7ons de Marx et de L\u00e9nine, mais aussi les innovations intellectuelles et politiques d\u2019Antonio Gramsci et Palmiro Togliatti. Puis, peu \u00e0 peu, nous devrions proclamer que toute notre histoire, qui a aussi ses parts d\u2019ombre, a \u00e9t\u00e9 une succession d\u2019erreurs\u00bb. Le politique sarde entendait ainsi expliquer que si son parti avait toujours, depuis sa cr\u00e9ation en 1921, voulu adapter sa culture politique \u00e0 son temps, notamment \u00e0 travers l\u2019oeuvre th\u00e9orique de Gramsci dans ses Cahiers de prison, il s\u2019\u00e9tait toujours refus\u00e9 au contraire du SPD allemand en 1959, \u00e0 faire son Bad Godesberg, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 se d\u00e9tacher des r\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques qui marquait sa sp\u00e9cificit\u00e9 \u00e0 gauche, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 renoncer, aussi et surtout, \u00e0 son programme de transformation politique et sociale, \u00e0 son refus du capitalisme, en tant que mode de production intrins\u00e8quement g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019in\u00e9galit\u00e9s. Le d\u00e9bat sera relanc\u00e9 dans le contexte de la d\u00e9faite de la bataille r\u00e9f\u00e9rendaire sur l\u2019\u00e9chelle mobile des salaires, qui avait fortement \u00e9prouv\u00e9 le PCI. Un ancien d\u00e9put\u00e9 communiste, Guido Carandini, publia en 1985 un article retentissant au titre \u00e9vocateur (Quella grande illusione\u00bb)(11) proposant une mutation radicale du PCI dans le sens du r\u00e9formisme, passant par une r\u00e9\u00e9valuation des exp\u00e9riences sociales-d\u00e9mocrates et par une transformation du PCI en Parti d\u00e9mocratique du travail fusionnant l\u2019ensemble des forces de gauche. Carandini avan\u00e7ait, en substance, l\u2019id\u00e9e d\u2019un Bad Godesberg \u00e0 l\u2019italienne, soit un anti-congr\u00e8s de Livourne. Natta s\u2019y opposa fermement, r\u00e9affirmant alors la ligne \u00abcontinuiste\u00bb de Berlinguer, en accord avec une tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de la base. Un de ses proches, Adalberto Minucci, aura ces mots cruels dans une contre-tribune : \u00abVive la modernit\u00e9 ! En avant vers le XIXe si\u00e8cle\u00bb (12)\u2026<\/p>\n<p>La svolta della Bolognina est le d\u00e9clenchement d\u2019un processus irr\u00e9versible, men\u00e9 au pas de charge. Pourtant, les communistes sont loin d\u2019\u00eatre enthousiastes. \u00c0 l\u2019exception de l\u2019aile droite du parti qui se prononce clairement en faveur d\u2019Occhetto et du rattachement du parti \u00e0 l\u2019internationale socialiste, la direction demeure prudente, attentiste. Massimo D\u2019Alema, en r\u00e9ponse aux militants exasp\u00e9r\u00e9s qui saturaient le standard de L\u2019Unit\u00e0, dont il \u00e9tait alors directeur, \u00e9crit alors : \u00abce que nous proposons n\u2019est pas la perspective d\u2019une renonciation ou d\u2019une abjuration\u00bb. Le comit\u00e9 central est convoqu\u00e9 et d\u00e9cide, apr\u00e8s cinq jours de discussions tendues (du 20 au 24 novembre 1989), d\u2019une solution ambig\u00fce. \u00c0 une majorit\u00e9 assez large, le parlement du parti accepte la proposition d\u2019Occhetto d\u2019initier une phase constituante d\u2019une nouvelle formation politique, tout en avalisant la proposition des opposants visant \u00e0 convoquer un congr\u00e8s extraordinaire dans les quatre mois pour d\u00e9cider de la cr\u00e9ation ou non d\u2019un nouveau parti. Le XIXe et avant dernier congr\u00e8s du PCI se tint du 7 au 11 mars 1990 \u00e0 Bologne. La motion d\u2019Occhetto, proposant d\u2019ouvrir une phase constituante d\u2019un nouveau parti rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019internationale socialiste, affronte principalement celle de son pr\u00e9d\u00e9cesseur Natta et de Pietro Ingrao, figure historique de l\u2019aile gauche du PCI, s\u2019opposant au changement de nom, de symbole et de tradition. La motion du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9unit 67 % des suffrages, la motion Natta \u2013 Ingrao 30 %. Le dernier congr\u00e8s du PCI, qui se tint du 31 janvier au 3 f\u00e9vrier 1991 \u00e0 Rimini, ne modifia pas fondamentalement les rapports de force. La motion Per il Partito democratico della Sinistra d\u2019Occhetto, \u00e0 laquelle s\u2019\u00e9tait adjoint notamment D\u2019Alema, obtint 67,46 %, la motion hostile \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau parti, appel\u00e9e Rifondazione communista et men\u00e9e par Ingrao et Cossuta, r\u00e9unit 26,77 %. Le 3 f\u00e9vrier 1991, le PCI acta sa propre dissolution, et porta sur les fronts baptismaux, en m\u00eame temps que son acte de d\u00e9c\u00e8s, le Parti d\u00e9mocratique de la gauche (PDS). Ite missa est\u2026<\/p>\n<p>Guido Liguori propose une analyse tr\u00e8s int\u00e9ressante, \u00e0 travers un tableau de ces quelques ann\u00e9es ayant pr\u00e9cipit\u00e9 la chute de la maison rouge, de cette succession d\u2019\u00e9v\u00e9nements conduisant au tour de force de faire dispara\u00eetre un parti que ni le fascisme, ni la guerre froide, ni l\u2019hostilit\u00e9 farouche des autres mouvements politiques italiens n\u2019avaient r\u00e9ussi (13). Il d\u00e9montre que le sort du PCI n\u2019\u00e9tait pas scell\u00e9. Il rappelle qu\u2019il comptait 1,5 million d\u2019adh\u00e9rents et que, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9chec relatif des \u00e9lections l\u00e9gislatives et s\u00e9natoriales de 1987, il n\u2019\u00e9tait, dans aucune r\u00e9gion, tomb\u00e9 sous la barre des 25 %, score que ni le PDS, ni les formations qui lui succ\u00e8deront (D\u00e9mocrates de gauche puis D\u00e9mocrates) n\u2019atteindront ensuite (14). L\u2019attachement, par ailleurs, \u00e0 l\u2019appellation communiste demeurait extr\u00eamement fort, non seulement parmi les militants, mais aussi parmi les sympathisants et \u00e9lecteurs du PCI. Le poids symbolique du qualificatif communiste n\u2019\u00e9tait pas entach\u00e9 par les r\u00e9gimes de l\u2019ancien bloc de l\u2019Est, que les dirigeants du parti avaient, \u00e0 de nombreuses reprises, clairement condamn\u00e9s, au nom pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019une acception d\u00e9mocratique du socialisme. L\u2019auteur ne fait pas l\u2019erreur de d\u00e9signer comme seul responsable Occhetto, quoique la question du changement de nom devenait pour lui affaire personnelle, quasi-obsessionnelle, selon ses propres dires. Guidori r\u00e9v\u00e8le que le discours de la Bolognina du 12 novembre 1989 n\u2019avait aucunement \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 par la direction, les membres de la direction, de l\u2019aile droite (comme Napolitano, aujourd\u2019hui pr\u00e9sident de la R\u00e9publique) ou de la sensibilit\u00e9 de gauche (notamment Ingrao), n\u2019ayant pris connaissance du projet d\u2019Occhetto qu\u2019au lendemain de son discours. Les raisons de cette pr\u00e9cipitation rel\u00e8vent de deux facteurs, interne et externe. Il semble \u00e9vident que la chute du mur et l\u2019effondrement programm\u00e9 du \u00absocialisme r\u00e9el\u00bb cr\u00e9ait un cadre id\u00e9ologique propice \u00e0 une telle mutation du parti. En interne, Guidori pointe la contradiction entre \u00abun groupe dirigeant restreint qui n\u2019est plus communiste, \u00e0 la t\u00eate d\u2019un parti form\u00e9 de dirigeants et de militants qui, dans leur immense majorit\u00e9, se consid\u00e8rent communistes de nom et de fait\u00bb . Le l\u00e9gitimisme (pour ne pas dire suivisme) des militants communistes est aussi avanc\u00e9 comme facteur explicatif, \u00e0 laquelle s\u2019ajoute une foi dans l\u2019unit\u00e9 du parti, qui a prim\u00e9 sur toute autre consid\u00e9ration. Nous faisons \u00e9galement n\u00f4tre le constat selon lequel \u00abla dramatique faiblesse de la gauche italienne est due pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la fin du PCI, \u00e0 la mort de cette tradition culturelle et politique et de cette communaut\u00e9 diff\u00e9rente des femmes et d\u2019hommes qui pendant plusieurs d\u00e9cennies avaient repr\u00e9sent\u00e9 une grande ressource d\u00e9mocratique pour l\u2019Italie\u00bb. \u00abLa fin du parti\u00bb, explique encore ce philosophe sp\u00e9cialiste de Gramsci, \u00abaura \u00e9t\u00e9 \u00e9galement la fin de la participation politique de masse, non pas \u00e9pisodique ou mouvementiste, dans la soci\u00e9t\u00e9 italienne, et il ne reste rien de semblable chez les h\u00e9ritiers du PCI. Un immense patrimoine politique, historique, humain s\u2019est ainsi perdu \u00bb. Il est vrai que le parti h\u00e9ritier du PCI s\u2019est dilu\u00e9 dans une formation politique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, faisant confluer en son sein des \u00e9l\u00e9ments disparates, dont certains issus de l\u2019ancienne DC, de sorte que I Democratici ne peuvent pas m\u00eame \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 un parti social-d\u00e9mocrate classique, repr\u00e9sentant, dans une optique r\u00e9formiste, les int\u00e9r\u00eats salari\u00e9s, mais un conglom\u00e9rat, un cartel \u00e9lectoral interclassiste d\u00e9fendant principalement, sinon exclusivement, les int\u00e9r\u00eats des classes moyennes voire des classes sup\u00e9rieures \u00ab\u00e9clair\u00e9es\u00bb, parce que confus\u00e9ment progressistes. On peut aussi ajouter que l\u2019affaiblissement du PCI est aussi un affaiblissement th\u00e9orique, en ce sens que ce groupe dirigeant restreint \u00e9voqu\u00e9 par Liguori semble s\u2019\u00eatre converti \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie de la fin de l\u2019Histoire, c\u2019est-\u00e0dire pr\u00e9cis\u00e9ment de la fin des id\u00e9ologies, et au pragmatisme visant \u00e0 la r\u00e9forme et non \u00e0 la transformation du syst\u00e8me de production \u00e9conomique. Il ne faut pas non plus omettre que cette transformation s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans le sillage d\u2019une victoire politique spectaculaire, dans les ann\u00e9es 1980, du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique, \u00e0 travers la d\u00e9r\u00e9glementation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e initi\u00e9e par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. La conversion, tout aussi spectaculaire, du PSI de Craxi au \u00abr\u00e9alisme\u00bb \u00e9conomique (\u00e0 l\u2019instar de Fran\u00e7ois Mitterrand en 1983), \u00e0 travers la r\u00e9forme de l\u2019\u00e9chelle mobile des salaires a mis une pression in\u00e9dite sur le PCI qui, parce qu\u2019il perdit la bataille r\u00e9f\u00e9rendaire de 1985, en vint \u00e0 remettre en cause sa culture politique. Le centre de l\u2019appareil dirigeant, anim\u00e9 depuis 1987 par Occhetto et l\u2019aile droite ou \u00abmiglioriste\u00bb de Napolitano, ne furent que les r\u00e9ceptacles de ces doutes, qui se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent compter parmi les principaux facteurs d\u2019implosion. La voie r\u00e9volutionnaire choisie par le PCI ne signifiait pourtant plus, depuis longtemps, la prise du Palais d\u2019Hiver. Gramsci l\u2019envisageait comme un processus, non comme un raptus. Togliatti proposait des \u00abr\u00e9formes de structures\u00bb dans les champs \u00e9conomiques et sociaux, permettant, par la succession de changements partiels, d\u2019agglom\u00e9rer des forces participant de ce processus. La c\u00e9sure entre voie r\u00e9formiste et voie r\u00e9volutionnaire avait \u00e9t\u00e9 donc largement affin\u00e9e, et c\u2019\u00e9tait l\u2019un des m\u00e9rites principaux du PCI que de l\u2019avoir initi\u00e9e. Ce groupe dirigeant restreint \u00e9voqu\u00e9 par Liguori, dont on ne peut douter de la culture politique, semble pourtant avoir feint de l\u2019omettre.<\/p>\n<p>Ainsi, ce pass\u00e9 d\u2019une esp\u00e9rance am\u00e8ne \u00e0 la conclusion provisoire, non am\u00e8re, mais lucide, que l\u2019aphorisme de Marx peut \u00eatre r\u00e9versible : ce ne sont plus les masses qui font l\u2019Histoire, elles la subissent.<\/p>\n<pre>(1) R. R\u00e9mond, Les droites en France, Aubier, 1990.\r\n(2). J. Julliard, Les gauches fran\u00e7aises. 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire, Flammarion, 2012.\r\n(3). F. Furet, Le pass\u00e9 d\u2019une illusion, Calmann-L\u00e9vy, Robert Laffont, 1995.\r\n(4) Les R\u00e9gions, pourtant pr\u00e9vues par la Constitution italienne de 1946, ne furent en effet mises en place qu\u2019\u00e0 partir de la d\u00e9cennie 1970, la mise en oeuvre de la disposition y aff\u00e9rente ayant sans cesse \u00e9t\u00e9 report\u00e9e en raison de consid\u00e9rations purement politiciennes, la DC s\u2019inqui\u00e9tant de l\u2019\u00e9mergence d\u2019ex\u00e9cutifs locaux concurrentiels, dans un \u00c9tat dont la forme est r\u00e9gionale. \r\n(5) Analys\u00e9 comme une politique sociale de proximit\u00e9 s\u2019appuyant sur les \u00e9quipements collectifs et privil\u00e9giant, pour r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s, l\u2019\u00e9cole, la culture et le sport. Voir par exemple la contribution de Julian Meschi, in H. Hatzfeld, J. Meschi et H. Rey (\u00e9d.), Dictionnaire de la gauche, Larousse, 2007. \r\n(6) Cf. R. Martelli (\u00e9d.), Le choc du XXe Congr\u00e8s du PCUS, textes et documents, \u00c9ditions sociales, 1982.\r\n(7) S. Carillo, Eurocommunisme et \u00c9tat, Flammarion, 1977.\r\n(8) 1. Mario Moretti (en collaboration avec Carla Mosca et Rossanda), Brigate rosse, une histoire italienne, Amsterdam, 2010. \r\n(9) 1. Massimo D\u2019Alema d\u00e9crit dans un livre remarquable les enjeux du combat entre Berlinguer et Craxi. \u00c0 l\u2019occasion d\u2019un voyage en Union sovi\u00e9tique, o\u00f9 une d\u00e9l\u00e9gation du PCI avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00each\u00e9e pour les obs\u00e8ques d\u2019Andropov, D\u2019Alema, alors jeune cadre du PCI, assiste \u00e0 cette ultime rencontre entre Berlinguer et les dirigeants sovi\u00e9tiques, o\u00f9 le dirigeant du PCI fait part \u00e0 son prot\u00e9g\u00e9 des am\u00e8res d\u00e9sillusions que le triste spectacle de la succession au sommet du pouvoir sovi\u00e9tique lui inspire. Mais Berlinguer \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9occup\u00e9 par la situation politique italienne et par cet ultime combat qu\u2019il \u00e9tait en train de livrer pour les \u00e9lections europ\u00e9ennes et surtout pour la mobilisation contre le d\u00e9cret de la Saint valentin, c\u2019est \u00e0 dire contre Craxi. D\u2019Alema explique que le \u00ab forcing \u00bb auquel se livra Craxi constituait une rupture d\u00e9finitive \u00e0 gauche qui contribua de fa\u00e7on significative \u00e0 pousser le PCI au conflit ouvert. M. D\u2019Alema, A Mosca l\u2019ultima volta, Berlinguer e il 1984,Donzelli editore, 2004, notamment pp. 96-106. \r\n(10). \u00abCamarades, vous ne vous \u00eates pas comport\u00e9s loyalement. Il y avait un v\u00e9ritable remue- m\u00e9nage devant la chambre d\u2019h\u00f4pital. Ce que vous avez fait a \u00e9t\u00e9 un affront, qui n\u2019\u00e9tait en rien n\u00e9cessaire\u00bb Natta veut expliquer qu\u2019il \u00e9tait conscient, avant son accident cardiaque, qu\u2019il lui fallait passer la main. Mais il se d\u00e9fiait de cette g\u00e9n\u00e9ration de quadrag\u00e9naires qui mit \u00e0 profit son \u00e9tat de sant\u00e9 pour pr\u00e9cipitamment organiser la succession.\r\n(11). Guido Carandini, \u00ab Quella grande illuzione \u00bb, La Republica, 22 ao\u00fbt 1985. \r\n(12). Adalberto Minucci, \u00ab S\u00ec, siamo riformatori ma anche rivoluzionari \u00bb, La Republica, 25 ao\u00fbt 1985\r\n(13) Guido Liguori, Qui a tu\u00e9 le Parti communiste italien, Delga, 2011.\r\n(14) \u00c0 l\u2019exception des derni\u00e8res \u00e9lections europ\u00e9ennes de 2014, o\u00f9 le Parti D\u00e9mocrate profita de la popularit\u00e9 de Matteo Renzi, jeune pr\u00e9sident du conseil, en d\u00e9passant les 40 %.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pass\u00e9 d\u2019une esp\u00e9rance (1921-1991) Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien Julien Giudicelli Julien Giudicelli est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en droit public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bordeaux. Constitutionnaliste, il est sp\u00e9cialiste de la vie politique et institutionnelle italienne. 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Constitutionnaliste, il est sp\u00e9cialiste de la vie politique et institutionnelle italienne. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 assistant-\u00e9tranger \u00e0 la Cour Constitutionnelle d\u2019Italie, il est l\u2019auteur d\u2019une th\u00e8se sur cette &hellip; Continuer la lecture de &laquo;&nbsp;Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien&nbsp;&raquo;","og_url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/","og_site_name":"Editions Pha\u00e9ton","article_published_time":"2017-02-26T16:19:00+00:00","author":"Phaeton","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Phaeton","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"33 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/","name":"Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien - Editions Pha\u00e9ton","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website"},"datePublished":"2017-02-26T16:19:00+00:00","author":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/2017\/02\/26\/esquisse-dune-breve-histoire-du-parti-communiste-italien\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Esquisse d\u2019une br\u00e8ve histoire du Parti communiste italien"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#website","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/","name":"Editions Pha\u00e9ton","description":"Maison d&#039;\u00e9ditions ","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/#\/schema\/person\/59bdbf6a5c6012c3b35a5e6ea429f667","name":"Phaeton","url":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/author\/admin4496\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":73,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72\/revisions\/73"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-phaeton.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}